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Présentations

 

Notre héros est un homme moyen, du genre à passer totalement inaperçu dans la foule ou dans le métro.  Appelons-le Tony, pour plus de commodité. Tony est amateur de jardins. Mais ce n'est par pour cette raison qu'il collectionne les râteaux.

   

Disons que Tony, qui est un personnage de fiction donc, est plutôt maladroit avec les femmes. Il est même très maladroit. Attention : tout cela par pure convention narrative.  

 

Plaçons maintenant notre héros maladroit dans une série de situations où il devra faire montre de sa totale incompétence face à la gent féminine : nous obtiendrons, si tout va bien, une série d'expériences qui, mises bout-à-bout, constitueront un véritable Corpus Théorique des erreurs à éviter face à la femme moderne.

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Lundi 19 février 2007

FIN
Mardi 5 décembre 2006
Où notre héros est la victime consentante d'une dragueuse à la noix.


Quand elle passa la tête pour la 4ème fois dans le bureau où il travaillait avec un collègue, notre héros, tout au bord de l'exaspération, prit, pour la quatrième fois, son air de faites-comme-si-je-n'étais-pas-là, mais de façon probablement beaucoup moins convaincante que les fois 1 ou 2.
Il reprit pour la quatrième fois la pose de celui qui fait comme s'il n'écoutait pas, les jambes croisées, le coude sur le genou, et le regard par la fenêtre.
Décidément cette jeune femme ne manquait pas de culot à venir sans cesse interrompre le travail de deux sommités telles que notre héros et son collègue, avec des questions toujours plus insignifiantes. Et son collègue était bien permissif pour se laisser ainsi déranger en permanence par sa voisine de bureau.
Cette fois-ci il était visiblement question de la dépanner sur un problème informatique. Sa pénible et quatrième intervention se terminait par "Alors, tu pourrais venir voir s'il te plaît, pour m'aider à retrouver mon fichier ?". 

Et là un blanc.
...
Bon.
Ben alors il répond le collègue ?
Notre héros se tourne vers lui, mais visiblement le collègue n'a pas l'air de se sentir concerné par la question.
Hmm, bizarre.
Notre ami se tourne alors vers la perturbatrice d'ambiances studieuses et là, stupéfaction, elle le regardait droit dans les yeux !! Bien qu'il ne connaisse aucunement la jeune femme, il dut se rendre à l'évidence : la question s'adressait à lui.
Mais cette évidence changeait tout. Cette évidence était une mine d'informations, se dit-il :
1) visiblement, on se tutoie,
2) visiblement, on s'intéresse à moi,
3) visiblement on sous-entend que je suis l'homme de la situation informatique, alors qu'on n'a pas la moindre idée de mes compétences en la matière,
4) je comprends mieux pourquoi il y a eu trois visites préliminaires, dont l'une, d'un sans-gêne absolu, s'éternisa pendant au moins 5 minutes, avec rapprochement inopiné et observation périphérique rapprochée,
5) la povrette doit être mortifiée après que je lui aie fait subir mon air de faites-comme-si-je-n'étais-pas-là pendant l'intégralité de son intervention, qui du coup est venue s'écraser contre un mur de silence, comme un pigeon sur un pare-brise d'A380*, puisque mon collègue, je l'ai vu après, n'écoutait pas non plus,
6) mais bon, elle a tenu bon et soutient maintenant mon regard. Elle a du cran cette petite. Bel effort, il faut le reconnaître. Et il faut reconnaître aussi le courage méritoire de celle qui prend ainsi le risque de passer durablement auprès de son voisin de bureau pour une grosse conne qui ne sait même pas retrouver ses fichiers sur son PC.

Cette synthèse opérée en une fraction de seconde (bluffant, non ?) venait confirmer l'intuition que notre héros avait eu instantanément : il avait visiblement affaire à une dragueuse à la noix !

Il fallait agir.

Ou ne pas agir.

Agir rapidement pour libérer la belle de cet air contrit qui la contrissait si fort, et de ce malaise dans lequel elle s’était plongée toute seule, comme une pomme d'amour dans son bain de mélasse ?

Ou la laisser s’y noyer, et sombrer en tentant vainement de convertir ce râteau qu'elle a entre les mains en une bouée de sauvetage… Hmm… cruel mais tellement drôle… non… l’hésitation dure à peine un instant et voilà déjà que notre héros met sa cape de gentleman-cambrioleur des coeurs de ces dames, et s’élance au secours de l’égareuse de fichier.
Il prend alors sur lui pour offrir à sa prétendante repentante le show intégral, avec saisie enveloppante de la souris façon prof de Golf enseignant le swing, avec voix grave et rassurante de celui qui sait, et avec distribution généreuse de phéromones mâles par mouvements sensuels interposés.

Je vous passe les gémissements de bonheur, étourdissements et pâmoisons qui suivirent la résolution du problème qui, mais vous n'en doutiez pas une seconde, était vraiment le plus minable des prétextes qu'on puisse inventer pour demander de l'aide.

Et j'en viens à la conclusion : sachez que suite à cette candidature spontanée aussi audacieuse que maladroite, la postulante aura droit à un deuxième entretien, autour d'un déjeuner en tête-à-tête, afin d'approfondir ses motivations et de vérifier si son profil peut satisfaire aux exigences du poste.

C'est ma façon à moi de dire bravo aux femmes qui prennent l'initiative, surtout si l'initiative en question est maladroite.

Mais, sa tentative ayant réussi, on peut se demander finalement si ma dragueuse était effectivement une dragueuse à la noix ? Qu'en pensez-vous ?       

 

*: le coup du pigeon qui s'écrase sur un pare-brise d'avion m'a refait penser à cet article que j'avais lu et qui m'avait plongé dans d'intenses réflexions : des études auraient démontré que dans ce genre d'accident, le volatile ne décèderait pas des conséquences de l'écrasement de sa carcasse contre le zingue, mais d'une crise cardiaque qui surviendrait une fraction de secondes avant que le colosse des airs ne le percute, à cause de la peur bleue que lui inspirerait cette catastrophe imminente. Imaginez que l'avion vire de bord brutalement : l'oiseau serait mort pour rien.
Je me demande également comment on a pu vérifier scientifiquement cette hypothèese ? En projettant un film 3D à des pigeons un peu myopes (avec le son Dolby Surround à fond) ?
Il y a des chercheurs qui ont un métier vraiment passionnant.
  

 

 

 

 

Lundi 4 décembre 2006
Aujourd'hui j'ai été victime d'une forme de viol collectif.
Aujourd'hui tout le monde me voulait. Moi et aucun autre.
Aujourd'hui on m'a voulu très fort, on m'a voulu violemment, on m'a voulu partout, bref on m'a voulu avec un grand "V".

On m'a téléphoné, on m'a appelé, on m'a convié, on m'a soudoyé, on m'a écouté, on m'a obéit, on m'a sourit, on m'a parlé, on m'a encore téléphoné, puis on m'a poussé, on m'a tiré, on m'a harassé.

On fait une réunion ? Ouais d'accord, mais il faut absolument que tu viennes !
On prend une décision ? Oui, mais il nous faut absolument ton avis !
On organise un truc ? Ouais OK c'est toi qui organise !

Mais qu'est-ce qui leur prend ? Etait-ce la pleine lune ? Etait-ce le détraquement climatique de cet hiver tropical ?
Alors qu'habituellement mes collègues se comportent comme s'ils savaient que ce job n'est pour moi qu'une couverture, les voici qui soudain font mine de s'intéresser à mon travail. Mais quel travail ? De quoi parlent-ils ainsi, entre initiés d'un rite satanique obscur, puisqu'il n'existe à ma connaissance aucune manifestation matériellement vérifiable de mon activité ? Ah, impossible à savoir. Mais aujourd'hui ils s'étaient passé le mot, et les voilà qui viennent à tour de rôle, qui m'imposent leur présence physique ou téléphonique,
qui veulent entendre ma voix, qui veulent voir mes écrits, qui se disputent mon corps, mes oreilles, mes os, ah ils me dévorent les canibales !

Ah oui, c'est bien là mon malheur, puisqu'il semble que je sois condamné à toujours être trop voulu ou pas assez voulu. Ou voulu différent. Mais jamais bien voulu, jamais voulu à ma juste valeur, voulu tel quel, dans la quantité de moi-même que je suis en mesure d'offrir.

Mais je ne peux pas me démultiplier comme ça, me démembrer, m'auto-jeter en pâture aux loups. Je mettrais gravement en péril ma santé mentale.
Non, je dois me protéger, et rester à l'abri sous le parapluie de mon inactivité quotidienne afin de préserver la sève de mon inspiration, de n'en pas diluer le flux.

Mais laissez-moi donc, les gens ! Arrêtez de me déchirer comme ça, et de vous répartir ainsi les lambeaux de ma chair comme des bêtes féroces ! Arrêtez de tout le temps vouloir ! Arrêtez de me
vouloir ! Et contentez-vous un peu de ce que vous avez ! Apprenez la parcimonie, qui est, comme chacun le sait, le premier pas vers l'écologie.

Laissez-moi à la réflexion, laissez-moi à la contemplation, laissez-moi à la beauté du monde.
Et restez, vous, ensemble, avec vos chiffres, avec vos tableaux, vos présentations powerpoint, vos conversations à n'en plus finir sur du détail de détail, et que-sais-je encore qui vous occupe et vous distrait de la vraie vie !

C'est à cause d'eux voyez-vous, chers lecteurs, que vous n'avez pas eu d'article aujourd'hui (qui sera hier dans 10 minutes). Oui vous avez raison de leur en vouloir. Voulez-en leur comme je leur en veux, et aussi fort qu'eux mon voulu en cette funeste journée.

Mais pour finir sur une note plus gaie, je vous fais cadeau de cette citation étourdissante de sagesse, proposée par Didier Deshamps, entraîneur de la Juventus de Turin, surnommé "le Danube de la pensée du ballon rond":

"Etre entraîneur à la Juve c'est pas être entraîneur dans un autre club. La Juve c'est la Juve."


Quand on a dit ça, on a tout dit. 
Samedi 2 décembre 2006
Découverte grâce au Blog de MonsieurF, voici la vidéo de Lasse Gjertsen, que je me passe en boucle depuis 1 semaine.
A la fin de la video il écrit "I can neither play the drums nor the piano"... ça paraît impossible !




 

Jeudi 30 novembre 2006

Quand un timide croise une timide.

Je rejoins un ami pour déjeuner. Je le trouve au lieu prévu du rendez-vous, en charmante compagnie. Il vient de croiser une ancienne collègue par hasard. Il me la présente. Celle-ci me tend sa main et sa joue en même temps, trahissant le malaise qu'il y avait déjà entre eux. Puisque j'ai le choix, j'opte naturellement pour la bise, et j'observe le déroulement de la scène.

Visiblement il lui plaît (elle sourit bêtement et ne le quitte pas des yeux).

Visiblement elle lui plaît (il sourit bêtement et se dandine sur place).

Il parle de son boulot, il est surchargé, mais il garde le sourire.

Elle rit de toutes ses dents valides, le plus souvent avant même qu'il finisse ses phrases.

C'est un festival de banalités, chacun surjoue un enthousiasme délirant pour débiter d'affligeantes platitudes.

Il se met de profil, et se gratte la poitrine. Nouvel assaut de confuses gentillesses ("C'était sympa quand on était collègues, on se marrait bien...")

Elle recule d'un pas pour répliquer. On ne comprend quasiment rien à ce qu'elle dit. Il faut dire aussi que parler tout souriant, tout en essayant en même temps de masquer le léger défaut qui affecte son incisive avant droite, c'est loin d'être évident. Alors quand en plus on est timide.... ("Oui hihihi... chétait ssuper hihi... marshmachin le chef hihi...")

La scène est à la limite du supportable. Le malaise est perceptible, presque palpable tellement cette conversation les met dans l'embarras. Ils voudraient se dire tellement de choses, mais les mots sonnent faux et tombent à plat. Et de toutes façons ils ne s'écoutent quasiment pas. Je suis juste à côté, et tout aussi mal à l'aise qu'eux, par contagion. Nous sommes en plein drame de la timidité. Un capharnaüm de non communication. Je pense qu'il aurait fallu plusieurs mois d'intense préparation psychologique et de simulations pour qu'il soit prêt à affronter un tel moment. Alors pris comme ça, à l'improviste, forcément, c'est la cata.

Il crève pourtant d'envie de l'inviter à déjeuner avec nous.

Elle n'attend qu'une chose : qu'il l'invite à déjeuner !

Il continue à parler de profil en se grattant la tête, le dos, enfin partout quoi. Il a des gestes brusques. Il réfrène de justesse une envie de partir en courant. Pendant un instant je crois qu'il lui tourne le dos...

Elle sourit tellement en parlant qu'on ne comprend plus rien à ce qu'elle dit. Son débit de parole frôle les 100 mots par seconde. Elle se met sur la pointe des pieds. Avance un peu, puis recule de nouveau.

Ils finissent par se saluer de la main en se souhaitant une bonne journée. (ouf !)

Elle s'éloigne.

Lui se retourne vers moi et me dit "Putaaiinn !!! Je suis trop con ! Pourquoi je ne l'ai pas invitée à déjeuner ?!!"

Une idée ?

Mercredi 29 novembre 2006

Où notre héros drague pour la première fois sur le web.

Laissez-moi aujourd'hui vous parler d'une époque révolue. C'etait en 1996, notre héros n'était alors qu'un étudiant boutonneux et fumeur de hash. Le seul navigateur était Netscape. Google n'existait pas, et Altavista était le moteur de recherche de référence. Les Blogs s'appelaient alors des homepages, et pour créer sa homepage il fallait se coltiner les méandres de Geocities. 

Alors que Meetic n'était encore qu'un éclair lubrique dans le regard de Marc Simoncini, le web était déjà un lieu de rencontres. Pour cela il fallait passer par les "chats".

Or il n'y avait que peu de chats, et notre héros était très vite tombé sur le célébrissime "Kajen, Sweden webchat", l'un des plus actifs à l'époque, sur lequel on croisait bizarrement beaucoup de français et mêmes quelques françaises.

Ah, la Suède, des blondes à perte de vue, une prise directe sur le rêve...Très vite il comprit que ce serait ça la révolution Internet !

Après une rapide acclimatation aux usages des "chats", il jetait son dévolu sur la dénommée Princess. Il avait pour sa part assez habilement choisi pour pseudo "Knight" (eh ben oui, c'était le début du web, les pseudos étaient assez basiques aussi...).
Ah ces heures passées dans la Salle Internet en conversations enfiévrées, où elle lui disait combien elle se languissait de lui et de son charme latin, et lui confessait qu'un brun aux yeux bleus la changerait si agréablement de ces blonds avinés qui composaient son morne quotidien (oui, les webcams n'existaient pas à lépoque, il fallait faire appel à son imagination).

 

Ah, Ingrid, je t'avais même donné ma vraie adresse, et tu m'avais écrit cette lettre de ta blanche main, où tu me joignais une photo de toi, si blonde, si naturelle... et ... un tout petit peu enrobée aussi, mais dotée d'un charme certain.


L'une de nos dernières conversations, oh Ingrid je m'en souviens comme si c'était hier, se terminait par ces mots : "Tony, my beloved Knight, you are welcome to come and rescue me"...

Ah, pourquoi n'ai-je pas trouvé la force de me faire embaucher au Mac Do pour réunir la somme nécessaire au voyage ?

Toujours est-il que tu t'es lassée de ma présence trop virtuelle, ma douce Ingrid, et que "Princess" disparut pour toujours de Kajen...

Mercredi 29 novembre 2006

Ainsi donc, à l'unanimité des suffrages exprimés moins une voix (merci à elle !), il n'y aura pas de changement de perspective concernant le héros de mon récit. C'est dommage, je lui avais déjà écrit quelques répliques époustouflantes d'arrogance, auxquelles vous échaperez donc. Mais voilà, c'est comme ça, c'est la démocratie, que j'applique strictement, en dépit de mon statut de Grand Timonier du Râteau qui aurait pu faire naître en moi des velléités totalitaires.

Merci à vous chères lectrices et cher lecteur pour votre contribution à ce sondage, et rendez-vous dans quelques heures pour un nouveau post !

Mardi 28 novembre 2006


Devant le constat que mon lectorat devient de plus en plus masculin (si si, j'ai les chiffres), mais également dans le souci de coller de plus près à une réalité imminente (je viens de m'inscrire à une salle de muscu), j'ai décidé de modifier sensiblement le descriptif du personnage central de mon récit, en m'inspirant assez largement de la description de l'homme idéal tel que dépeint par Albert Cohen dans son chef d'oeuvre si bassement matérialiste "Belle du Seigneur".

Donc, afin d'attirer en ces lieux un public toujours plus féminin, voici la nouvelle description que je vous soumets, et qui a vocation, non seulement à constituer une aguicheuse mise-en-bouche, mais également à évoquer une sorte d'absolu, un départ vers la mer, des yeux déjà à-demi frits, enfin vous m'avez compris quoi :

"Puissant séducteur aux larges épaules, quand il plonge son regard bleu azur dans les yeux d'une femme, c'est pour en ressortir vainqueur et flamboyant.

Romantique au coeur tendre, sa réussite professionnelle n'a d'égal que son succès avec les femmes. Et s'il joue souvent profil bas, c'est seulement pour éviter de se disperser en vaines et potentiellement nombreuses aventures.
Rarement femme a eu la force de lui résister. Et ce sont ces rares échecs que je vais vous conter ici, vous prodiguant également quelques astuces et secrets qui vous permettront d'éviter les chausses-trappes perfides qui l'ont tantôt fait trébucher, privant les malheureuses d'une expérience inoubliable."

Mesdames et demoiselles, qu'en pensez-vous ? Est-ce que c'est plus vendeur ?

 

Si elle est validée, cette nouvelle présentation viendra se placer dès demain dans la colonne de gauche de ce Blog, avec une photo appropriée.

Lundi 27 novembre 2006

Pour ceux qui l'auraient manquée hier soir, voici la pub Manix. Un pur bonheur.

 

Lundi 27 novembre 2006

Le pire des râteaux n'est-il pas finalement de ne plus avoir le temps de penser à la drague ?

Les dossiers s'accumulent, les délais raccourcissent, le temps se rafraîchit et mon Mojo est en berne.

Notre héros va donc prendre un peu de repos pendant que moi je vais me remettre à bosser...

 

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